Séminaires

Construction des savoirs et des pratiques : acteurs et enjeux de ‘visibilisation’ (XIXe-XXIe)

L’effet Matilda
 
Dans le cadre de l’axe « Construction des savoirs et des pratiques : acteurs et enjeux de ‘visibilisation’ (XIXe-XXIe) » porté par l’équipe GHDSO, plusieurs séances de séminaire seront l’occasion de travailler collectivement sur un terme nodal, que ce soit en terme de posture ou d’objet de recherche.
La troisième séance se tiendra le 6 janvier à 13h30
 
Les séances précédentes ont été riches en problématiques et interrogations et ont permis d’entrevoir des pistes de réflexion stimulantes à titre collectif et individuel. La session de janvier, sous la forme d’un brainstorming, permettra de consolider les axes de recherche à porter pour les mois à venir. 
Le séminaire aura lieu le mercredi 18 novembre à 13h30.
 
Plus particulièrement, l’auteur décrit les incidences et  conséquences de ce qu’il dénomme la « logique de marquage social » selon laquelle les sociologues rendent visibles, soulignent l’une des faces, l’un des pôles d’une catégorisation, d’une réalité tout en ignorant ou en minorant l’autre face, rendue en quelque sorte « invisible », n’étant guère objet d’attention et dès lors implicitement conçu, donné à penser comme socialement neutre et épistémologiquement non problématique. Ainsi, certaines recherches (pourrait-on généraliser à la Recherche ?) sont amenées à mettre en lumière l’exceptionnel, l’intéressant, l’inédit, l’extrême, le hors-norme, au risque, par là-même, soit de renforcer les stéréotypes qu’elle cherche à dissiper, soit d’ignorer l’ordinaire, plus prégnant dans les faits. Comme l’énonce W. Brekhus, « Ainsi, dans plusieurs secteurs de la sociologie américaine, ce qui est ontologiquement hors du commun attire une attention épistémologique disproportionnée par rapport à sa fréquence effective dans la vie sociale. Cette asymétrie épistémologique entre notre traitement des phénomènes extraordinaires (ou marqués) et des phénomènes ordinaires (ou non marqués) a des conséquences analytiques importantes » (p 2).
Ces «  ghettos épistémologiques », que l’auteur illustre à plusieurs reprises grâce à de nombreux cas nous interrogeront quant au statut du chercheur en tant qu’acteur de mise en visibilité et dans sa responsabilité à élargir le spectre de visibilité des acteurs qu’il étudie, ou plus généralement, à élargir le spectre de visibilité.
 
Article débattu
L’effet Matilda
 
Dans le cadre de l’axe « Construction des savoirs et des pratiques : acteurs et enjeux de ‘visibilisation’ (XIXe-XXIe) » porté par l’équipe GHDSO, une première séance de séminaire aura lieu le vendredi 9 octobre de 10h à 12h
 
Cette séance aura lieu en présentiel, un lien permettra également d’accéder à distance aux échanges.
 
Ces séances seront l’occasion de travailler collectivement sur un terme nodal, que ce soit en terme de posture ou d’objet de recherche. Pour lancer le séminaire, Hélène Gispert reviendra sur les premiers usages du terme « visibilisation » (terme venant de l’historienne des sciences Margaret Rossiter) :
 
« The Matthew Matilda effect in Science » (Margaret Rossiter 1993) – De premiers éléments historiographiques sur l’invisibilisation des femmes dans les sciences     

En 1968,  Robert Merton nomme « Matthew effect », le phénomène de « halo » qui attribue à des scientifiques renommés des travaux qu’ils n’ont pas fait, ou pas fait seuls. Une démonstration sociologique savante de l’adage « il pleut toujours où c’est mouillé »…
Ceci implique, second temps de l’effet Matthieu, que celui qui n’est pas connu ne se voit pas attribué ses propres travaux au bénéfice des plus connus ou, dans  notre autre formulation, qu’ il ne pleut pas là où il n’a pas déjà plu. S’attachant à l’histoire qui a été faite au cours du XXe siècle aux États Unis des femmes scientifiques, Matilda Rossiter reprit l’analyse de Merton de ce phénomène d’invisibilisation en montrant sa permanence et sa spécificité dans le cas des femmes. Elle le baptisa l’effet Matilda.
Depuis, une importante littérature est parue aux États Unis et dans le monde anglo-saxon. En revanche, quasiment aucun travaux en langue française. »
 
Descriptif de l’axe « Construction des savoirs et des pratiques : acteurs et enjeux de ‘visibilisation’ (XIXe-XXIe) »
 
L’enjeu de cet axe est double : être fédérateur au-delà des spécificités disciplinaires et aboutir à des apports individuels et collectifs, avec une production commune. Il rassemble des historiens des sciences et des techniques (D. Berdah, M. Clery, R. d’Enfert, D. Fauque, V. Fonteneau, M. Itoiz, A. Jacq), sociologue (A. Bidois), spécialiste des sciences de l’information et de la communication (A. Jolivet).
Pour le structurer, la question des « acteurs et enjeux de visibilisation » a été retenue car elle correspond pour chacun des contributeurs soit à une spécificité forte de ses recherches, soit à un enjeu des recherches à venir, soit des problématiques contemporaines, soit historiques. S’appuyant sur plusieurs projets, la difficulté et l’enjeu seront de les faire évoluer sans cloisonnement, ce qui implique un dialogue constant entre questionnement et projets. Les enjeux de ‘visibilisation’ seront traités à deux niveaux en suivant les co-productions et circulations de savoirs et de pratiques en sciences, médecine et santé. Le premier appréhendera les processus de visibilisation en tant qu’objet de recherche, en étudiant les stratégies mises en œuvre par les différents acteurs afin de se rendre visibles et en interrogeant les multiples finalités (reconnaissance, régulation, légitimité et conséquences quant à l’évolution de leurs pratiques). Le second niveau s’ancre sur l’expertise du GHDSO de travailler au-delà des élites scientifiques et de leurs institutions, en élargissant les sphères étudiées à des acteurs peu ou pas visibles (entrepreneurs, artisans, praticiens, préparateurs, enseignants, vétérinaires, etc.). Il s’agira de tirer toute la portée historiographique de cette posture de recherche. A. Jolivet proposera une réflexion sur la structuration de l’éthique dans les établissements de santé, afin de mettre en lumière les formes de mise en visibilité des pratiques et des acteurs que ces dispositifs peuvent engendrer. Il s’agira de se demander dans quelle mesure l’institutionnalisation de l’éthique donne à son potentiel transgressif une visibilité et une portée régulatrice particulière.
Pour les problématiques historiques, l’une portera sur les sociétés savantes, industrielles, etc. Dans le prolongement du travail sur l’offre locale, il s’agira d’étudier l’investissement de ces acteurs collectifs dans la formation, de la sociabilité de la vie savante qui s’y joue, des profils de ses membres  (A. Bidois, R. d’Enfert, V. Fonteneau).  D Fauque continuera son travail sur les manifestations publiques des sociétés savantes académiques et industrielles de la chimie « qui donnent à voir » leur travail de normalisation/standardisation, de ces sociétés qui font le lien entre la société civile, le monde académique, le monde industriel et le monde politique. Une seconde problématique portera sur les questions sciences-industrie, avec des travaux sur les ingénieurs chimistes dans le prolongement de son HDR pour V . Fonteneau, ceux de D. Berdah et A. Jacq autour des processus de médicalisation de l’agriculture et ses nombreux acteurs (vétérinaires, associations de la société civile, syndicats agricoles, zootechniciens, membres de l’industrie pharmaceutique, etc.), enfin ceux de Matthias Cléry sur le rôle des mathématiciens dans le champ des assurances en France entre 1918 et 1940. La troisième problématique traitera des instruments scientifiques dans une approche locale, en les replaçant dans leur contexte (le ou les laboratoires, l’institution, les hommes/femmes qui les fabriquent, les utilisent, les réparent – artisans, chercheurs, enseignants, techniciens, étudiants, etc.) (V. Fonteneau, M. Guedj, M. Itoiz)

Séminaire PéLiAS (périodiques littérature, arts, sciences) Les périodiques comme médiateurs culturels​

Vendredi 11 octobre, MSH Paris Saclay, 16h-19h
Périodique et traduction
Francis Mus (Université de Liège, CIRTI) et Patrice Bret (Centre Alexandre
Koyré, Paris, sous réserve)

Organisateurs :
Hélène Védrine (Paris-Sorbonne, CELLF 19-21)
Norbert Verdier (Paris-Sud, GHDSO)
Alexia Kalantzis (Versailles Saint-Quentin, CHCSC)

Comité scientifique :
Evanghelia Stead (UVSQ, CHCSC)
Hélène Gispert (Paris-Saclay, GHDSO)
Viera Rebolledo Dhuin (UVSQ, CHCSC)
Hélène Védrine (Paris-Sorbonne, CELLF 19-21)
Norbert Verdier (Paris-Saclay, GHDSO)
Alexia Kalantzis (UVSQ, CHCSC)

Pour plus d’informations sur le séminaire PéLias

Savoir & Pouvoir – 6ème séance – 20/05/2019

Jérôme AUST et Emmanuelle PICARD, « Gouverner par la proximité. Allouer des fonds à des projets de recherche dans les années 1960 », (article paru dans Genèses, 2014/1 (n° 94), p. 7-31).

Prochaine séance le 20 mai 2019, de 10h30 à 12h00 à l’ENS Paris-Saclay ISP.

Pour s’inscrire : msh-paris-saclay.fr

Le début des années 1960 constitue le moment de la mise en place d’une politique de développement de la recherche sur contrat autour d’un dispositif interministériel de financement inédit, le Fonds de développement de la recherche scientifique et technique, qui rompt avec les pratiques classiques d’allocation de fonds récurrents aux institutions de recherche. Cet article montre que le fonctionnement de ce dispositif repose sur un gouvernement par la proximité des projets de recherche, dont la mise en place s’explique au croisement d’un projet réformateur incomplètement institué et des caractéristiques de fonctionnement du monde académique de l’époque
L’article cible la genèse d’un dispositif précis de financement de la recherche, mais à partir de là, il s’agit d’aborder plus largement la question de l’élaboration progressive et des transformations des politiques de la recherche et de l’enseignement supérieur en France après la Seconde Guerre mondiale.

Séminaire PéLiAS (périodiques littérature, arts, sciences) Les périodiques comme médiateurs culturels

illustration abstraite
Vendredi 22 mars 2019
Faculté des Lettres, Sorbonne Université, 16h – 19h, salle Paul Hazard (entrée par le 17 rue de la Sorbonne, esc. C, 2e étage)
 
Périodique et édition
 
Yoan Vérilhac (Université de Nîmes, RIRRA 21, Montpellier III) : Gallimard, livres et journaux.
 
Cette communication vise à explorer, à partir de l’exemple des périodiques fondés par la maison Gallimard dans l’entre-deux guerres (Détective, Marianne, Voilà, NRF), la question historique générale de la transition entre deux régimes médiatiques de communication littéraire : celui, régnant au xixesiècle, polarisé sur le journal (des sociabilités aux rémunérations en passant par la détermination des poétiques narratives, lyriques ou théâtrales), et celui du xxesiècle, centré sur le livre. 
 
Caroline Ehrhardt(Université Paris-8, IDHES) : Éditer une revue générale à caractère scientifique à la Belle époque: l’exemple de la Revue du Moisdu mathématicien Emile Borel. 
La Revue du moisa été fondée en 1905 par le mathématicien Emile Borel dans le but de « contribuer au développement des idées générales par l’exposition et l’étude critique des progrès réalisés dans la connaissance des faits et des mouvements d’idées qui en sont la conséquence ». Revue générale à caractère scientifique, elle propose ainsi à un lectorat cultivé – mais non spécialisé –  de prendre connaissance non seulement des développements récents mais aussi des enjeux liés à ces développements, et ce dans le domaine des sciences expérimentales, des sciences humaines, mais aussi des mathématiques.
Il s’agira dans cette communication de présenter dans un premier temps les intentions et la mise en acte de ce projet (définition de la ligne éditoriale, stratégies mises en place pour conquérir un public etc.). Nous nous interrogerons ensuite sur les rouages éditoriaux de la présence des sciences, et plus particulièrement des mathématiques, dans un périodique généraliste. Nous nous efforcerons enfin de restituer les enjeux, tant personnels pour Borel que scientifiques et sociaux, voire politiques, de la mise en avant dans sa revue de l’usage des mathématiques pour le monde social. 
 
Organisateurs :
Hélène Védrine (Sorbonne Université, CELLF 19-21)
Norbert Verdier (Paris-Sud, EST-GHDSO)
Alexia Kalantzis (UVSQ, CHCSC) 
 
Comité scientifique :
Evanghelia Stead (UVSQ, CHCSC & IUF)
Hélène Gispert (Paris-Sud, EST-GHDSO)
Viera Rebolledo Dhuin (UVSQ, CHCSC)
Hélène Védrine (Sorbonne Université, CELLF 19-21)
Norbert Verdier (Paris-Sud, EST-GHDSO)
Alexia Kalantzis (UVSQ, CHCSC)
 
Label MSH Paris-Saclay & CELLF 19-21

Savoir & Pouvoir – 3e séance – 12/11/2018

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Boris Samuel, chargé de recherche à l’IRD. Impératif international de quantification et micro-politique du calcul des indicateurs de pauvreté dans la Mauritanie des années 2000.

Prochaine séance le 12 novembre 2018, de 10h30 à 12h00 à l’ENS Paris-Saclay ISP.

Pour s’inscrire : msh-paris-saclay.fr

Dans les années 2000, la production de statistiques sur la pauvreté conditionne l’accès de nombreux pays dits « en développement » aux financements internationaux, notamment pour l’effacement de leur dette publique. Dans cette communication nous analyserons les microprocédures de l’élaboration des données en Mauritanie, dans une conjoncture de crise politique multiforme, en retraçant les interactions entre une pluralité d’acteurs nationaux et internationaux. Nous mettrons notamment en lumière la reconfiguration des institutions statistiques et économiques, qui s’opère à la fois pour répondre à cet impératif international de quantification, et en reflétant les luttes politico-administratives et factionnelles qui se déroulent au sein de l’appareil d’Etat dans une période de changement de régime. Nous montrerons aussi comment les rapports de force entre acteurs se couplent à des controverses autour des chiffres sur la pauvreté : pour répondre à l’injonction à quantifier, experts statisticiens nationaux et internationaux produisent des estimations hautement critiquables et fragiles, mais celles-ci nourrissent à leur tour les luttes au sein de l’appareil d’Etat et avec les partenaires internationaux du pays. Cette sociologie fine de l’élaboration des chiffres éclairera la place qu’a pris l’impératif de quantification et d’évaluation dans les trajectoires de la Mauritanie. Elle éclairera aussi les liens que les administrations nationales de ce pays entretiennent avec des acteurs économiques et politiques internationaux, et les jeux de l’extraversion à l’ère néolibérale de l’évaluation. Enfin, elle permettra de saisir la construction sociale de discours sur la pauvreté présentés in fine comme objectifs.

Instruments-acteurs-réseaux-savoirs

Pour une approche matérielle et locale de l’instrument scientifique.

Prochaine séance 3 juillet 2018, de 14h à 17h30.
Visioconférence possible sur demande.

Contact : marie.itoiz[at]u-psud.fr

Cliquez ici pour plus d’informations sur le séminaire IARS.

Soutenance de thèse

Clément CRASTES

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Les enseignants du supérieur et l’écoulement interne d’un fluide : modélisation et contextualisation dans différentes disciplines et filières de formation en France et aux Etats-Unis

Clément CRASTES soutiendra ses travaux de thèse en didactique des sciences
le vendredi 22 novembre 2019 à 9h. Salle 103 bâtiment 338 (des colloques) à l’université Paris-Sud, ORSAY

Jury : 

Emmanuelle Deleporte, Professeure, ENS Paris-Saclay  Université Paris-Saclay
Isabelle Demachy, Professeure, Univ. Paris-Sud Université Paris-Saclay
Laurence Maurines, Professeure, Univ.Paris-Sud Université Paris-Saclay
Ludovic Morge, Professeur, Université de Clermont-Auvergne
Valérie Munier, Professeure, Université de Montpellier
Christian Orange, Professeur émérite, Université Libre de Bruxelles
Dominique Obert, Inspecteur Général de l’Education nationale

Résumé :

Réseau d’eau, circulation sanguine, montée de la sève, sont quelques-uns des phénomènes dont la compréhension repose sur celle du mouvement des fluides.
Inscrit dans le champ de recherche de la NOS (Nature of Science) et ayant pour thème la modélisation, notre travail est centré sur des enseignants de premier cycle de l’enseignement supérieur. Nous explorons leurs pratiques en les caractérisant dans le cadre des PCK (Pedagogical Content Knowledge). Nous analysons la structure des modèles introduits dans le cadre de l’enseignement de l’écoulement interne d’un fluide et les contextes empiriques retenus, le recours à l’expérimental proposé et les démarches de modélisation mises en œuvre. Nous étudions également les contextes pédagogiques mobilisés, en particulier le recours à l’histoire des sciences, et l’influence éventuelle de la discipline d’enseignement et de la filière de formation.
Combinant analyses qualitative et semi-quantitative, nous avons réalisé une analyse de contenu thématique d’entretiens semi-directifs d’enseignants de deux disciplines (physique, biologie) travaillant au sein de différentes filières de formation post-baccalauréat (ingénierie, technique, médecine) de deux pays (France et États-Unis).
En examinant les ressemblances et différences se manifestant au sein des différents groupes de population, nous mettons en évidence une homogénéité des populations « technique-physique  » et « médecine-biologie »  et une hétérogénéité de la population « généraliste-physique  » en termes de pratiques de modélisation et de contextualisation et ce indépendamment du pays d’exercice de l’enseignant. Nous mettons en évidence également une faible présence du recours à l’expérimental et à l’histoire des sciences.

Mots clés :
modélisation ; Nature of Science (NOS) ; Pedagogical Content Knowledge (PCK) ; histoire des sciences ; mécanique des fluides ; enseignants ; premier cycle universitaire

Samson DURAN

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Des géométries étatsuniennes à partir de l'étude de l' American Mathematical Society : 1888-1920

Samson DURAN soutient sa thèse le mardi 2 juillet 2019 à 13h, à l’université Paris-Sud, Faculté des Sciences d’Orsay, bâtiment 338, salle 104.

Jury : Karen Parshall (Rapportrice, University of Virginia ) ; Philippe Nabonnand (Rapporteur, Université de Lorraine) ; Rossana Tazzioli (Examinatrice, Université de Lille 1) ; Pierre Pansu (Examinateur, Université Paris-Sud) ; Hélène Gispert (Directrice, Université Paris-Sud) ; Renaud Chorlay (Directeur, ÉSPÉ de Paris)

Résumé :
En 1888, trois étudiants créent une société mathématique à New York. Six années plus tard, cette société devient nationale et est renommée l’ American Mathematical Society (AMS). En 1920, elle regroupe des centaines de membres, publie de nombreux articles et recensions et organise régulièrement des réunions mathématiques dans le pays. Cette thèse propose une histoire sociale de la Géométrie à partir de l’étude des publications parues dans ses journaux jusqu’en 1920. Elle a pour objet de répondre à deux problématiques principales : comment s’organisent et se distribuent les activités de Géométrie en lien avec la Société et quels transferts de connaissances géométriques sont mis en place depuis ou vers les États-Unis d’Amérique ? Après avoir déterminé ce que la catégorie de Géométrie signifiait pour les responsables de plusieurs répertoires de classements mathématiques, j’analyserai les formations reçues et les enseignements donnés par des membres de l’AMS, les recensions publiées dans son Bulletin et les rencontres mathématiques tenues en son cadre. Les descriptions des activités géométriques portées par l’AMS, ainsi que du contexte dans lesquelles elles s’inscrivent, permettront alors d’établir une cartographie de la Géométrie. Nous verrons comment la caractériser, tant d’un point de vue disciplinaire que sociologique. Je propose aussi de déterminer les personnes dominantes pour la Géométrie, dans le cadre de la Société. Plus précisément, il s’agira de comprendre qui détient le plus de pouvoir, scientifique et institutionnel, selon les différentes formes qu’il peut prendre à l’AMS. Parmi les acteurs ainsi mis en lumière, trois d’entre eux (V. Snyder, L. P. Eisenhart et E. J. Wilczynski) feront l’objet d’études spécifiques. Cela permettra de traiter à l’échelle individuelle les deux problématiques jusqu’alors envisagées à l’échelle d’une institution. Pour les deux premiers cas, nous nous demanderons quels résultats mathématiques non étatsuniens sont réutilisés dans leurs travaux, tandis que le troisième cas nous permettra de comprendre comment ses recherches sont diffusées à l’étranger.

Nicolas JOURNAUX

Web

Le physicien, l’observation et ses présupposés, au travers de l’histoire des modèles d’univers : représentations d’élèves de terminale S

École doctorale : Sciences de l’Homme et de la Société
Doctorat : Didactique des sciences

Soutenue le mardi 11 décembre 2018 à 13h30 à la Faculté des sciences de l’Université Paris-Sud.

Jury : Laurence MAURINES, Cécile DE HOSSON, Manuel BÄCHTOLD, José­Luis WOLFS, M. Christian BRACCO, Alain SARFATI

Résumé :
Il s’agit d’examiner la possibilité d’introduire l’histoire des sciences dans l’enseignement scientifique secondaire français afin de travailler l’image de la nature des sciences. Pour cela, nous avons élaboré, et mis en œuvre dans une classe de terminale S, une séquence à caractère historique basée sur sept textes. Elle porte sur le passage du modèle géocentrique au modèle héliocentrique, et vise à mettre en valeur l’existence et l’évolution de présupposés au sein de la physique. La reprise de cette expérience encadrée par trois questionnaires nous a permis de mieux appréhender l’image de la nature des sciences des élèves. Les résultats obtenus sont encourageants quant à l’évolution de leur représentation de l’observation, plus précisément de sa place dans la démarche scientifique et de son ancrage théorique et métaphysique. Par ailleurs, il semble subsister une vision réaliste « naïve » (les savoirs existent dans le monde) et une difficulté à différencier les registres mis à l’œuvre dans l’activité scientifique en sciences physiques.

Mots-clés : présupposés, enseignement secondaire, modèles géocentrique et héliocentrique, observation, image de la nature des sciences.

Laurent Le Meur

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Produire des corps et produire des faits : les appareils de voie sèche et la mécanique chimique en France entre 1850 et 1884

Laurent Le Meur soutient sa thèse le 12 octobre 2018,  à 14 h,  à l’université de Nantes.

Jury : Stéphane Tirard (directeur de thèse), Virginie Fonteneau (co-directrice de thèse)

Résumé :
Une des branches de la chimie physique, la chimie physique des réactions doit son développement à des recherches en voie sèche entre 1850 et les années 1880 prolongeant la mécanique chimique du début du XIXe siècle qui reposait principalement sur la chimie des sels. C’est l’objet de cette thèse. En mettant en œuvre une méthodologie basée sur l’étude des appareils de laboratoire en relation avec les idées, le contexte technique, les facteurs sociaux et les techniques de narration expérimentale, l’enjeu est aussi de contribuer à une épistémologie de l’expérience et du fait scientifique. L’analyse porte sur les recherches françaises en voie sèche, source de nombreux faits régulièrement cités dans des traités de chimie physique postérieurs à 1885. J’identifie deux périodes de production des faits : de 1850 à 1867, des faits nouveaux puis, de 1867 à 1884, des faits plus nombreux et plus standardisés organisés par des lois et des formalismes. Mon analyse montre comment les faits nouveaux sont le produit de collectifs techno-scientifiques regroupant des professeurs, des fabricants d’instruments et des industriels, avec d’une part, un collectif minéro-métallurgique de hautes températures et d’autre part des collectifs liés à la pharmaco-chimie. Les opérations de production de corps y jouent un rôle central. Les faits sont ensuite retravaillés dans le cadre d’une recherche de lois expérimentales par des groupes plus spécialisés puis pris en compte dans des réflexions théoriques plus larges. L’analyse de la dynamique de ces collectifs permet de comprendre finalement comment des voies particulières de recherche se rejoignent pour aboutir à la fin du siècle à la proposition de disciplines organisées comme la chimie physique des réactions.

Bertrand Eychenne

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"Le Colegio Militar de Bogota (1848-1885) : la mise en place d'un enseignement scientifique supérieur et la constitution d'un corps d'ingénieurs après l'indépendance de la Colombie"

Bertrand Eychenne soutient sa thèse le 9 juillet 2018,  à 14 h,  Bât. 220, salle de visioconférence, Faculté des sciences de l’Université Paris-Sud.

Jury : Renaud d’Enfert (dir. de thèse), Bruno Belhoste, Virgine Fonteneau, Martina Schiavon, Nicolas Hatzfeld, Anne Bidois, Luis Carlos Arboleda

Résumé :
Nous souhaitons au travers de l’étude du Colegio Militar, nous interroger sur les mécanismes qui ont permis de mettre en place en Colombie, après l’indépendance, une formation d’ingénieurs militaires et civils ainsi qu’un enseignement supérieur scientifique ; puis suivre leur évolution jusqu’en 1885. Nous envisageons d’étudier dans un premier temps (partie I) le processus de création du Colegio Militar et ses relations avec les principaux champs de pouvoir que sont : l’Etat, l’armée, l’Eglise, le monde économique et industriel, le monde savant. Nous établirons ensuite (partie II) sa position dans le champ des institutions éducatives. Puis, nous analyserons le fonctionnement de l’école en mettant l’accent sur son rôle de production et de transmission des savoirs. Enfin, nous étudierons la population constituée par les élèves de l’école (partie III). Une autre problématique que nous souhaitons faire émerger de ceci et qui devrait se décliner selon les trois parties envisagées, est la question de la circulation des savoirs. L’étude de cette question devrait être menée dans sa complexité, en lien avec le contexte, et en s’inscrivant dans une perspective d’histoire globale.

Mots-clés : 
École d’ingénieurs, Colombie, XIXe siècle, Colegio militar.

WORKSHOP : le patrimoine de la chimie

WORKSHOP : le patrimoine de la chimie

L’équipe d’accueil Études sur les Sciences et les Techniques (EA 1610-EST) soutient cette journée organisée par le Groupe d’Histoire de la Chimie.

Cette journée à lieu de 19 Juin 2018, de 9h30 à 18h, au 250 rue Saint-Jacques, 75005 Paris.

Le programme de la journée sur www.societechimiquedefrance.fr

Pour y assister, veuillez prendre contact avec danielle.fauque[at]u-psud.fr