Les recherches du GHDSO concernent l’histoire des mathématiques, l’histoire de la biologie et des sciences vétérinaires, l’histoire de la physique, l’histoire de l’enseignement scientifique et technique, l’histoire de la presse et des périodiques, histoire des ingénieurs, l’histoire des instruments et expériences scientifiques.

  • Pour l’équipe GHDSO :
    – formation, circulation, pratique des savoirs disciplinaires (mathématiques, chimie, biologie) dans la société (milieux académiques, professionnels, enseignants, amateurs) aux 19e et 20e siècles : lieux, acteurs, institutions ;
    – presses et périodiques scientifiques (19e-20e siècles) ;
    – instruments/matérialité/pratique/ patrimoine (19e-20e siècles) ;
    – histoire des mathématiques en Chine.

Axes de recherche du quinquennal 2020-2024

Le Groupe d’Histoire des Sciences d’Orsay entrera dans le prochain quinquennal dans une configuration renouvelé.
Andréa Breard, historienne des mathématiques, arrivée au laboratoire en novembre 2017, dirigera un axe de recherche avec une nouvelle thématique : « Numbers and Narratives ».
L’axe « Construction des savoirs et des pratiques : acteurs et enjeux de ‘visibilisation’ (XIXe-XXIe siècles » est un nouvel axe fédérateur du GHDSO. Issu de l’évolution d’axes du précédents quinquennal (offre locale, histoire de la chimie, histoire des sciences du vivant). Il bénéficiera d’une synergie enrichie par l’arrivée d’Alexia Jolivet au 1er janvier 2020.
Enfin le dernier axe : « Périodiques scientifiques et techniques : textualité, matérialité et transdisciplinarité » s’inscrit dans la continuité du précédent quinquennal et poursuit un projet fort du GHDS depuis une quinzaine d’années. Sous la direction de N Verdier et avec la collaboration des historiens du livre de Versailles Saint-Quentin, il s’enrichira d’une étude sur la dimension matérielle de la presse et des périodiques.

Axe actuellement mise en attente en raison du détachement du porteur de projet

 

Cet axe émergent a pour objectif de développer de nouvelles approches théoriques permettant d’historiciser le rôle public de la science, entre autres dans les régimes non démocratiques. Il doit contribuer à une histoire globale de la pluralité des pratiques numériques

Il comporte deux volets. Le premier est un projet de recherche sur des « number patterns » apparaissant principalement dans des systèmes de savoirs mathématiques basés sur les algorithmes et sans discours démonstratif. Il s’agira de travailler sur le rôle heuristique de la reconnaissance des « patterns » par une approche inductive. Le second volet consiste en une approche transculturelle de l’histoire de la quantification, afin d’étudier les répercussions et les dynamiques de transformation de la circulation des sciences et des technologies de la quantification à travers les cultures aussi bien dans le sens géographique (entre aires culturelles) que disciplinaire (circulations entre différents champs scientifiques). Pour atteindre cet objectif, il s’agira de réaliser la biographie d’un nombre dans une variété de contextes, en suivant la trajectoire d’un nombre agrégé unique mais puissant, de sa production, à travers sa migration globale vers les récits divergents entourant sa valeur numérique, on analysera le pouvoir d’agir stabilisatrice et déstabilisatrice qu’un nombre – loin d’être aussi pur et absolu que la raison mathématique le suggère – peut avoir sur les pratiques scientifiques, politiques ou sociétales. D. Berdah participera à la réflexion en exploitant d’anciennes recherches portant sur la trajectoire du nombre « 100 » correspondant au pourcentage d’efficacité des vaccins anti-aphteux recherché par les instituts producteurs français et britanniques dans les années 1950. A. Bréard travaillera sur le score personnel issu du « système de crédit social » basé sur les innovations numériques des technologies Big Data et actuellement mis en place par le gouvernement chinois qui tente de générer un nombre visant à évaluer la fiabilité des personnes et des entreprises privées.

L’enjeu de cet axe est double : être fédérateur au-delà des spécificités disciplinaires et aboutir à des apports individuels et collectifs, avec une production commune. Il rassemble des historiens des sciences et des techniques (D. Berdah, M. Clery, R. d’Enfert, D. Fauque, V. Fonteneau, M. Itoiz, A. Jacq), sociologue (A. Bidois), spécialiste des sciences de l’information et de la communication (A. Jolivet).

Pour le structurer, la question des « acteurs et enjeux de visibilisation » a été retenue car elle correspond pour chacun des contributeurs soit à une spécificité forte de ses recherches, soit à un enjeu des recherches à venir, soit des problématiques contemporaines, soit historiques. S’appuyant sur plusieurs projets, la difficulté et l’enjeu seront de les faire évoluer sans cloisonnement, ce qui implique un dialogue constant entre questionnement et projets. Les enjeux de ‘visibilisation’ seront traités à deux niveaux en suivant les co-productions et circulations de savoirs et de pratiques en sciences, médecine et santé. Le premier appréhendera les processus de visibilisation en tant qu’objet de recherche, en étudiant les stratégies mises en œuvre par les différents acteurs afin de se rendre visibles et en interrogeant les multiples finalités (reconnaissance, régulation, légitimité et conséquences quant à l’évolution de leurs pratiques). Le second niveau s’ancre sur l’expertise du GHDSO de travailler au-delà des élites scientifiques et de leurs institutions, en élargissant les sphères étudiées à des acteurs peu ou pas visibles (entrepreneurs, artisans, praticiens, préparateurs, enseignants, vétérinaires, etc.). Il s’agira de tirer toute la portée historiographique de cette posture de recherche. A. Jolivet proposera une réflexion sur la structuration de l’éthique dans les établissements de santé, afin de mettre en lumière les formes de mise en visibilité des pratiques et des acteurs que ces dispositifs peuvent engendrer. Il s’agira de se demander dans quelle mesure l’institutionnalisation de l’éthique donne à son potentiel transgressif une visibilité et une portée régulatrice particulière.

Pour les problématiques historiques, l’une portera sur les sociétés savantes, industrielles, etc. Dans le prolongement du travail sur l’offre locale, il s’agira d’étudier l’investissement de ces acteurs collectifs dans la formation, de la sociabilité de la vie savante qui s’y joue, des profils de ses membres  (A. Bidois, R. d’Enfert, V. Fonteneau).  D Fauque continuera son travail sur les manifestations publiques des sociétés savantes académiques et industrielles de la chimie « qui donnent à voir » leur travail de normalisation/standardisation, de ces sociétés qui font le lien entre la société civile, le monde académique, le monde industriel et le monde politique. Une seconde problématique portera sur les questions sciences-industrie, avec des travaux sur les ingénieurs chimistes dans le prolongement de son HDR pour V . Fonteneau, ceux de D. Berdah et A. Jacq autour des processus de médicalisation de l’agriculture et ses nombreux acteurs (vétérinaires, associations de la société civile, syndicats agricoles, zootechniciens, membres de l’industrie pharmaceutique, etc.), enfin ceux de Matthias Cléry sur le rôle des mathématiciens dans le champ des assurances en France entre 1918 et 1940. La troisième problématique traitera des instruments scientifiques dans une approche locale, en les replaçant dans leur contexte (le ou les laboratoires, l’institution, les hommes/femmes qui les fabriquent, les utilisent, les réparent – artisans, chercheurs, enseignants, techniciens, étudiants, etc.) (V. Fonteneau, M. Guedj, M. Itoiz)

Cet axe s’appuie sur une équipe composée d’enseignants-chercheurs et chercheurs associés du GHDSO (Delphine Benoit, Andrea Bréard, Sloan Despeaux, Samson Duran, Danielle Fauque, Christian Gérini, Hélène Gispert, Pauline Romera-Lebret).

Il poursuit un projet fort du GHDSO depuis une quinzaine d’années. Sa spécificité est de prendre les journaux scientifiques et techniques comme objets d’études et non uniquement comme supports de discours. Ces périodiques, comme tous les livres, sont aussi et avant tout des constructions sociales, matérielles et entrepreneuriales ; ils sont le fruit de multiples acteurs : gens des lettres – toutes celles et ceux qui écrivent les textes (en les créant, en les traduisant, etc.) – ; gens du livre – celles et ceux qui les composent matériellement (les typographes, les graveurs, les imprimeurs) et les diffusent (les libraires) – et lecteurs, celles et ceux qui lisent et « reçoivent »  les textes, en les interprétant et en se les représentant. Méthodologiquement, c’est en ouvrant et feuilletant page à page les périodiques que nous avons pu faire jaillir toute cette fine granularité de nouvelles problématiques et méthodologies que ne permettent pas une approche consistant à manipuler d’immenses bases de données organisées sur des catégories forcément biaisées car pensées par des lectures d’aujourd’hui.

Pour le prochain quinquennal (2020-2024), il s’agira de continuer à élargir le panel des journaux étudiés à d’autres disciplines (au-delà des journaux mathématiques), d’étudier les circulations mathématiques entre l’Europe (continentale et anglo-saxonne) et l’Amérique, et d’étudier la perception et la représentation, dans la presse scientifique européenne du XIXe siècle, des mathématiques extra-européennes (comme les mathématiques chinoises avec Andrea Bréard).

Axes de recherche du quinquennal 2015-2019

Les recherches du GHDSO sont inscrites pour le quinquennal 2015-2019 autour de la thématique structurante : « Production, institutionnalisation, circulation des savoirs et des pratiques scientifiques », depuis le début du 19e jusqu’à la fin du 20e siècle, avec les trois points d’entrée que sont la formation, avec les recherches en histoire de l’enseignement scientifique et technique, la presse et les périodiques scientifiques et enfin l’expertise pour ce qui est de l’histoire des sciences du vivant.
Ces recherches se sont concrétisées autour de différents projets collectifs menés au sein du GHDSO, soutenus par des financements nationaux (ANR) ou liés à Paris Saclay (PIA3), certains en collaboration avec d’autres laboratoires en France.

Un premier projet consacré à l’histoire de l’enseignement scientifique et technique – « Normes et écarts à la norme. L’offre locale d’enseignement scientifique et technique, 19e-20e siècles : approches disciplinaires » -, obtenu dans le cadre du Lidex Interactions Sciences Innovation Société (ISIS) de Paris Saclay, a donné lieu durant trois ans sous la direction de R. d’Enfert et V. Fonteneau à un séminaire qui a entendu 14 chercheurs d’origine très diverses (historiens, sociologues, historiens des sciences, des techniques, de l’enseignement), dont 5 membres du GHDSO. Il s’est poursuivi par le Peps Terrscitech (Territoires scientifiques et technologiques) en collaboration avec des collègues sociologues de l’IDHES de l’ENS Cachan. Il doit se conclure par la sortie fin 2018 d’un ouvrage collectif dirigé par R. d’Enfert et V. Fonteneau. S’attachant à des études de cas centrées sur des territoires donnés et leurs acteurs, leurs institutions, ce projet a promu un tournant historiographique majeur dans l’histoire des savoirs scientifiques et techniques et de leur socialisation via l’enseignement, déplaçant le regard de l’échelon national – ses normes, ses élites – à l’échelon local – le rapport aux normes dominantes, qu’elles soient fixées par la tradition ou les usages locaux, ou par des prescriptions nationales quand elles existent. L’histoire des disciplines qui en ressort est alors profondément changée quant à la place, les contenus des disciplines scientifiques, les circulations d’acteurs sur un territoire, les normes prescrites et leurs réalités locales.

Le second projet, consacré spécifiquement à l’histoire des mathématiques et relevant du second point d’entrée sur la presse et les périodiques scientifiques, porte également une ambition importante de renouvellement historiographique. Cette ANR intitulée CIRMATH (Circulation des mathématiques dans et par les journaux : histoire, territoires, publics – XVIIIe-XXe siècles – https://cirmath.hypotheses.org), commencée en novembre 2013 et financée jusqu’en mars 2019, co-portée par les Archives Henri Poincaré et le GHDSO (H. Gispert), mobilise une quarantaine d’historiens d’une dizaine de pays dont 9 membres du GHDSO. Tout d’abord, en mettant les publics au centre de l’analyse de la circulation des mathématiques par les journaux et en postulant que la création et le succès d’un journal sont liés à l’existence d’un public, Cirmath a pu reprendre la question de la spécialisation des journaux en évitant les a priori d’une historiographie qui avait exagéré le rôle de la professionnalisation. De plus, en construisant à la fois une base de données des journaux mathématiques (1700-1950) comptant aujourd’hui 1500 journaux qui forment le corpus global et ne multipliant les études de cas, CIRMATH permet, par un jeu d’échelles, de sortir des études monographiques principalement existantes. Enfin, en se projetant dans la longue durée, CIRMATH a contribué à remettre en cause les cloisonnements entre histoire moderne et histoire contemporaine et les biais induits par la tradition historiographique. Au niveau du GHDSO, l’importance donnée dans CIRMATH aux publics enseignants, inscrit également ce projet dans les recherches en histoire de l’enseignement scientifique et technique.
Un des domaines spécifiques de recherche du GHDSO est l’histoire de la chimie que le projet du dernier quinquennal proposait de croiser avec les deux premiers points d’entrée. Il en a été ainsi, d’une part, avec les études locales en histoire de l’enseignement de V. Fonteneau sur les lieux et les acteurs des formations des chimistes aux XIXe et XXe siècles dans le cadre de l’offre locale comme dans celui de son HDR. D’autre part, s’attachant à l’étude du Centre de documentation de la Maison de la chimie dans l’Entre deux guerres, dont celle de ses périodiques, D. Fauque a travaillé sur les enjeux politiques de l’organisation de la documentation chimique dans l’Entre-deux-guerres, ses institutions et sociétés, ses acteurs au plan national et international. Ces deux points de vue complémentaires ont permis de renouveler les perspectives historiques concernant le développement de la chimie académique et de la chimie industrielle et de leurs relations, un renouvellement appelé à être approfondi dans le prochain quinquennal.
Un des domaines spécifiques de recherche du GHDSO est l’histoire de la chimie que le projet du dernier quinquennal proposait de croiser avec les deux premiers points d’entrée. Il en a été ainsi, d’une part, avec les études locales en histoire de l’enseignement de V. Fonteneau sur les lieux et les acteurs des formations des chimistes aux XIXe et XXe siècles dans le cadre de l’offre locale comme dans celui de son HDR. D’autre part, s’attachant à l’étude du Centre de documentation de la Maison de la chimie dans l’Entre deux guerres, dont celle de ses périodiques, D. Fauque a travaillé sur les enjeux politiques de l’organisation de la documentation chimique dans l’Entre-deux-guerres, ses institutions et sociétés, ses acteurs au plan national et international. Ces deux points de vue complémentaires ont permis de renouveler les perspectives historiques concernant le développement de la chimie académique et de la chimie industrielle et de leurs relations, un renouvellement appelé à être approfondi dans le prochain quinquennal.
Un des domaines spécifiques de recherche du GHDSO est l’histoire de la chimie que le projet du dernier quinquennal proposait de croiser avec les deux premiers points d’entrée. Il en a été ainsi, d’une part, avec les études locales en histoire de l’enseignement de V. Fonteneau sur les lieux et les acteurs des formations des chimistes aux XIXe et XXe siècles dans le cadre de l’offre locale comme dans celui de son HDR. D’autre part, s’attachant à l’étude du Centre de documentation de la Maison de la chimie dans l’Entre deux guerres, dont celle de ses périodiques, D. Fauque a travaillé sur les enjeux politiques de l’organisation de la documentation chimique dans l’Entre-deux-guerres, ses institutions et sociétés, ses acteurs au plan national et international. Ces deux points de vue complémentaires ont permis de renouveler les perspectives historiques concernant le développement de la chimie académique et de la chimie industrielle et de leurs relations, un renouvellement appelé à être approfondi dans le prochain quinquennal.

Enfin, le projet d’histoire des sciences du vivant « Antibiorésistances et conflits d’experts: l’usage des antibiotiques en élevage et en aquaculture en France depuis 1945 » mené par D. Berdah avec A. Jacq a représenté le troisième point d’entrée de la thématique commune de l’équipe, à savoir celui de l’expertise. Cette étude socio-historique a été menée selon trois axes d’analyse inégalement aboutis vu les forces disponibles au sein de l’équipe. Le souci de cette sous dimension critique a été le moteur pour répondre à une demande de collaboration sur un projet ANR jeune chercheur porté par l’INRA à partir de deux des trois axes ci-dessous. (à compléter) Il s’est agi tout d’abord d’examiner la productions des savoirs et les discours d’experts à un niveau national dans des mondes professionnels différents. Le second axe, dont l’objectif est d’étudier les modes de diffusion des savoirs relatifs à l’usage des antibiotiques en fonction des publics visés, a juste commencé avec l’étude de périodiques et de marketing pharmaceutiques. La dernière question a été celle de la réception et l’appropriation de ces savoirs par différents publics, à partir d’étude de cas.